Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /Fév /2008 14:25
Tout le monde sait que Freud a introduit les notions de complexe d’Œdipe et de castration au début du siècle dernier. Saviez-vous qu’elles ont fait scandale ? Que le petit garçon puisse être amoureux de sa mère, qu’il puisse la désirer sexuellement et avoir des érections à son endroit, qu’il désire avoir un enfant d’elle, venait souiller l’idée de pureté et d’innocence attachée à l’enfance. On pouvait admettre que la petite fille fasse la coquette avec son père, mais qu’elle puisse le désirer sexuellement et en vouloir un enfant, c’était trop !
 
Aujourd’hui encore, bien que ces notions soient banalisées à outrance, la chose est oubliée, refoulée chez tous les sujets normaux ou névrosés.
 
Chez le garçon, le complexe d’Œdipe est non seulement refoulé, mais il disparaît sous l’effet du complexe de castration, c'est-à-dire la crainte imaginaire que le père puisse se venger de son désir sexuel pour la mère, et de ses vœux de mort à son endroit, en le privant de son organe viril. Pour sauver son « zizi », il devra renoncer à sa mère, et oubliera tout de cette période de sa vie. Il s’identifiera à son père, lequel devient la figure de l’Idéal. C’est une étape nécessaire à la constitution du surmoi, c'est-à-dire de la conscience morale. Dans le meilleur des cas, il attendra d’être grand pour convoler à son tour.
 

Pour la fille aussi, c’est le complexe de castration qui décide de la suite. Elle va constater qu’elle n’a pas de pénis comme les garçons de son âge. Dans un premier temps, elle va penser qu’il est caché, qu’il va pousser quand elle sera grande, persuadée que maman en a certainement un...Mais elle va devoir se rendre à l’évidence, et se manifeste en elle une envie de pénis ; elle reproche à sa mère de l’avoir si mal pourvue ; c’est pourquoi elle se détourne à ce moment de sa mère, qui était son premier objet d’amour, pour se tourner vers son père, celui qui a un pénis. Du coup, elle devient la rivale de sa mère, et voudra un enfant du père, comme lot de consolation ! Car si elle sait qu’elle n’aura jamais de pénis, elle observe aussi que ce sont les dames qui portent les enfants.

 Cette envie de pénis n’est pas une tare, mais un moment structurant du développement féminin, qui fait se tourner la petite fille vers son père, puis plus tard vers d’autres hommes.

CECILE
Par escapadeteam - Publié dans : Vos enfants et vous
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